LA LANGUE D’ANNA

LA LANGUE D’ANNA

Vendredi 20 MARS 2020 à 20H45
THÉÂTRE DE PEZENAS

Dans le cadre des Discours Poétiques 2020

de BERNARD NOEL
par ANDRÉE BENCHETRIT

 

PRÉSENTATION

Elle a approché Fellini, fait perdre la tête à Rosselini, Pasolini et bien d’autres. Muse du panthéon des réalisateurs italiens, Anna Magnani fut l’une des plus grandes actrices du XXe siècle, perle noire illuminant de sa sensualité magique cinq chefs-d’œuvre : Rome, ville ouverte, Bellissima, La Voix humaine, La Rose tatouée et Mamma Roma.
Guy Naigeon, directeur d’acteurs fasciné par la dimension mythique de cette femme et comédienne, ressent l’impérieux besoin de parler de la Magnani. Aucun texte n’existe. Niente.
Il faut donc écrire pour elle. Il pense à une comédienne pour l’évoquer, une qui en a la trempe : Anna ne peut qu’être Andrée Benchétrit, au timbre de voix sombre et nacré. Celle-ci pense à un écrivain-poète capable de redonner vie à un secret de femme : Bernard Noël possède cette écriture du vécu pouvant remplir l’espace sacré, le vide laissé par Anna Magnani.
De cette langue d’Anna, naît une voix pour dire la passion, celle d’un métier, de la vie, dans un hymne poétique violent et un émouvant hommage rendu à cette sublime pasionaria.
Elle parle. Elle jette sa vie sur sa langue. Elle a toujours voulu tout et tout de suite. Elle est une comédienne célèbre. Elle a beaucoup parlé avec les mots des autres. Elle n’avait pas le temps de sa propre vie, mais voilà que son corps l’a attrapée, l’a même doublée. Elle met du passé dans ce présent trop mortel. Elle appelle ses amis : Fellini, Pasolini, Visconti. Elle sait qu’il est trop tard. Elle ne s’y résigne pas. Elle ne s’est jamais résignée.


 

« Voilà 20 ans que m’anime cette femme, depuis la première représentation de La langue d’Anna en octobre 2000.

Elle a eu le temps de changer de robe, de chaussures, de coiffure, de maquillage. De vieillir. Seul la scénographie n’a pas bougé… ou presque.
Pour le Théâtre de Pézenas, je continuerai à épurer, à chercher cette bouche d’ombres et de lumières. Mue par le sentiment que je n’en aurai jamais fini, tant que le corps se tient debout et parle au public.

Je ne suis, ni n’interprète Anna Magnani, actrice mythique du XXe siècle, perle noire illuminant de sa sensualité magique cinq chefs-d’œuvre : Rome ville ouverte, Bellissima, La Voix humaine, La Rose tatouée et Mama RomaDepuis longtemps, les metteurs en scène me disaient que je leur faisais penser à elle, et je dois reconnaître qu’il y a quelque chose dans le tempérament, dans sa façon de bouger ou de manger les mots.

Quand Bernard Noël décide d’écrire ce texte pour moi, il a dit s’être inspiré d’Anna (ce qu’elle lui inspirait spontanément), de lui et de moi, qu’il connaissait bien. Une phrase d’ailleurs est de moi : « J’ai suffisamment de gueule pour me faire une beauté. » C’est vrai non ?… Alors qui suis-je ? Le texte débute par : « Je ne suis pas celle que vous croyez. » Le personnage tourne autour de cette phrase, sauf que celui-ci s’inspire d’Anna M., dans le corps d’Andrée B. avec la langue de Bernard N. Andrée donne forme à un personnage qu’elle cherche jusqu’au bout de la pièce. Ce n’est pas moi, pas Anna, pas Bernard. C’est le rôle de ma vie. »

Andrée Benchétrit
Novembre 2019

 

 LA PRESSE

« Mais qui parle ? La Magnani ? C’est Andrée Benchetrit qui est là debout, vivante, deux doigts enfoncés dans la gorge pour recracher le diamant des mots, vomir la joie féroce qui l’a faite femme, diva, sans lui laisser la moindre chance… Elle joue de ce grain de voix à la fureur animale, aux étonnements nacrés, au timbre sombre comme un jardin reclus au cœur d’une émeraude. Le geste, économe, précis, féconde le mot, lui donne relief et couleurs. » Roland Duclos  / La Montagne

« Cette comédienne incarne la grande Anna puisqu’elle en a la trempe. » Nicolas Blondeau  / Libération

 

Tarifs: 15, 10 et 5€ selon le placement dans le théâtre.
Réservations au 04 67 32 59 23

Spectacle offert aux abonnés du Théâtre de Pézenas