Refuge basque de 1939 : à Pézenas, une tradition d'accueil toujours vivace

Ce mercredi 30 septembre, dans le cadre de la 6e édition du festival Pézenas des Idées, l’association Les Amis de Pézenas et la Ville de Pézenas ont dévoilé une plaque mémorielle au 25 rue Victor Hugo, en présence d’une cinquantaine de personnes. Elle rappelle qu’en 1939, Pézenas a accueilli plus de 200 familles basques espagnoles qui fuyaient leur pays à la fin de la guerre civile.

La plaque en marbre porte l’inscription suivante : « En mémoire du “refuge basque”, ce lieu où, durant l’année 1939, la Ville de Pézenas accueillit plus de 200 familles espagnoles basques fuyant leur pays à la fin de la guerre civile. »

Depuis de nombreuses années, l’association Les Amis de Pézenas fait parler les murs de la ville. En proposant l’apposition de ces plaques en marbre sur des lieux qui ont marqué l’histoire locale, elle fait œuvre d’éducation populaire et permet à chacun, habitant comme visiteur, de redécouvrir le passé de Pézenas au fil de ses rues.

Plusieurs descendants de ces réfugiés étaient présents, dont la famille Vazquez. Ces familles se sont depuis établies à Pézenas et font pleinement partie de son histoire. En raison de la pluie, les prises de parole ont eu lieu à la galerie PDP, situées non loin de là. Sont intervenus Marie-France Dessenoix, présidente des Amis de Pézenas, Nicole Vicente, présidente de l’association Alegria, A. Latscha, responsable de la galerie PDP et le Maire, Armand Rivière, qui a chaleureusement remercié les propriétaires de la maison, qui ont accepté que la plaque soit apposée sur leur façade. Il a également appelé à la vigilance : « Il y a des moments où la démocratie chute, nous ne devons pas l’oublier… »

Ce moment de mémoire s’inscrit pleinement dans le thème de cette édition du Pézenas des Idées, qui met en dialogue l’Histoire et l’actualité. En 1939, la Retirada a jeté des centaines de milliers de républicains espagnols sur les routes de l’exil. Ils ont été accueillis par endroits avec respect et solidarité, mais trop souvent avec défiance. Pézenas a alors choisi l’hospitalité. Cette tradition se poursuit aujourd’hui avec l’accueil de jeunes migrants dans notre commune. Ils sont eux aussi contraints de quitter leur pays, souvent au péril de leur vie.

Se souvenir de ces exils, c’est aussi se donner les moyens de faire en sorte que l’Histoire ne se répète pas.

Pour prolonger : l’exposition Des espagnols dans les camps présente les photographies de Paul Senn, grand photoreporter suisse qui a documenté la guerre d’Espagne, la Retirada et les camps d’internement, dont celui de Rivesaltes. Elle est à découvrir jusqu’au 21 octobre à la Médiathèque Edmond Charlot, aux horaires d’ouverture et en entrée libre. Il s’agit d’une exposition prêtée par le Mémorial du Camp de Rivesaltes.